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Choisir de travailler en MAM


À l’inverse des assistantes-maternelles seules, le nombre de Maisons d’Assistants Maternels (MAM) sont ces dernières années en croissance. Ce moyen d’accueil répond clairement à une attentes de parents, qui hésitent souvent entre une structure de garde collective ou individuelle. Mais alors qu’en est-il des assistantes-maternelles ? Pourquoi de plus en plus de ces professionnelles de la petite enfance, travaillent de plus en plus à plusieurs ?

D’après nos sondages, on sait aujourd’hui que sur 100 MAM, 62 ont été créées par des asmats expérimentées qui travaillaient auparavant seules à la maison. Plusieurs raisons sont données par les assistantes-maternelles lorsqu’on les interrogent sur les raisons de ce changement. La solitude, la routine ou encore la nécessité d’une séparation pro/perso, sont les motifs qui reviennent le plus souvent.

N’oublions pas que les MAM sont un processus assez récent, encore aujourd’hui peu connu tant par les professionnels en début de carrière que par les parents.
C’est aussi dû au fait qu’il y ait pas mal de frais et de démarches à entamer lors la création d’une MAM.

Autre constat, de plus en plus de MAMs sont montées par des pros de la petite enfance au sens large. Il n’est donc pas anodin de trouver des auxiliaires de puéricultures par exemple ou toutes autres professionnelles d’Etablissement d’Accueil du Jeune Enfant (EAJE) devenir assistantes-maternelles et ouvrir une Maison d’Assistantes-Maternelles.

Choisir de travailler en MAM pour sortir de l’isolement

On le disait précédemment, la solitude est un des points négatif du métier d’assistant maternel. Ce qui motive beaucoup un assistant-maternel, à créer une MAM définit très bien à la génèse de la création même du principe de la Maison d’Assistant-Maternels : en finir avec l’isolement.

En effet, l’isolement d’une assistante-maternelle est un mal qui apparait dès les premiers pas de celle-ci dans ce métier. Malgré les aides existantes, l’achat d’équipements pour assistante-maternelle n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Que faut-il acheter ? Comment aménager son intérieur ? Quel budget prévoir ?

L’autre complexité de l’isolement, est comment distinguer dans sa propre maison l’activité pro de l’activité perso.

Marie S. témoigne : « J’ai travaillée 17 ans comme assistante-maternelle à mon domicile, mais au au bout d’un moment c’était usant de travailler seule et tout en vivant au même endroit. Mes enfants devaient partager leurs jouets et leurs chambres lorsque je travaillais. Au fil du temps ça devenais de plus en plus difficile à concilier. Le choix de l’ouverture d’une MAM avec mes collègues était pour moi une évidence.« 

Quant à Heloïse M., la raison étaient plus personnelle : « Je fais ce métier depuis presque toujours, mes enfants ont grandit, ils ont quitté la maison. Mais vivant dans un petit village, je n’avais pas de collègues proches avec qui organiser des balades ou des activités avec les enfants. Je tournais en rond tous les jours, qui devenaient d’ailleurs répétitifs. La MAM a été pour moi comme une énorme bouffée d’oxygène. Alors que j’avais prévue de laisser tomber ce métier qui me passionne tant.« 

Si beaucoup de femmes et de plus en plus hommes deviennent assistants-maternels, c’est souvent pour des raisons de garde de leur propre enfants. En effet, cela permet de concilier la vie privée -de mère- et la vie professionnelle assez facilement. Ce métier permet aisément de s’occuper de ses propres enfants tout-en en gardant d’autres en travaillant chez soi.

Résultats, lorsque les enfants grandissent et prennent leurs envols, ces assistants maternels cherchent comme une sorte d’évolution professionnelle. C’est généralement à partir de là, qu’ils décident de reprendre une nouvelle activité professionnelle (souvent compliqués, parfois par manque d’expériences dans d’autres métiers). Certains poursuivent dans cette activité professionnelle ou évolue vers l’accueil des jeunes enfants ou en école maternelle.

C’est à ce moment là que , la MAM représente une belle opportunité pour de nombreux assistants-maternels. On peut donc considérer la MAM comme une évolution dans la carrière de l’assistants-maternels qui peuvent enfin sortir de leur « cocon ». Travailler en MAM étant très différent du travail à la maison, l’assmat a là une opportunité de renforcer son image professionnelle.
Dans une MAM l’assistant-maternel peut (enfin) distinguer son espace privée/pro et peut parler clairement « d’aller au travail ». De plus, il peut aussi travailler officiellement en équipe (même si 1 assistant-maternel = 1 parent employeur).

L’avantage de l’ouverture par des assistantes-maternelles d’expériences, c’est qu’elles connaissent clairement leur métier. De plus choisissant d’ouvrir une MAM ensembles, elles se connaissent déjà professionnellement et personnellement. Les équipes sont donc généralement plus stables et pérennes une fois la MAM créée.

Elodie L. : « On faisait tous les jours sans exception les balades ensemble, chacune avec sa poussette triple. On a été formée ensemble, agréée ensemble et on est de la même tranche d’âge. D’ailleurs lors des ballades on faisait régulièrement des escales chez l’une ou l’autre en chemin, car on habitait pas très loin. La création de notre MAM était juste une évidence.« 

Assistantes maternelles : travailler seule ou en MAM ?

Le travail en MAM implique des changements dans le métier d’assistant-maternel. Cette possibilité d’évolution de carrière, cela ne veut pas dire que c’est forcément simple. L’installation de plusieurs assistants-maternels en MAM peut parfois créer quelques ambiguïtés.

On peut parler d’ambiguïtés sur le plan organisationnel du point de vu des parents. Mais aussi pour les assistants-maternels eux-même.

En effet, comment financer les frais courants de la MAM lorsqu’un assistant-maternel n’a pas d’enfant à garder ? Comment se passe un remplacement en cas d’absence d’un assmat ? En ce qui concerne les agréments de chacun comment aménager le lieu de travail ? Ces situations mettent en scène les difficultés bien réelles auxquelles peuvent être confrontés les professionnels travaillant dans une MAM.

Ainsi, on voit souvent des assistantes maternelles installent leur MAM dans un local dont l’une est propriétaire, et l’a aménagée spécialement pour cette activité.

C’était le cas de Cindy, Marine et Cyrielle. Leur tentative n’à malheureusement pas aboutie : « tout se passait très bien les premières semaines. Mais on a rapidement eu du mal à nous entendre sur des points de détails, plus ou moins importants. Et comme nous nous trouvions sur son terrain, elle a voulue rapidement prendre la place de leader du projet. Sans surprise, ça a rapidement mal tournée. Impossible de nous entendre, ni sur la manière de travailler, ni sur le moindre sujet d’ailleurs. Résultat nous n’avons tenu que trois mois.« 

Isabelle, quant à elle a voulu bien faire les choses : « Lorsqu’on a créée la MAM, je sortais de congés maternité. J’ai décidé de laisser mon fils à ma collègue car il lui manquait un contrat et que je pourrais avoir un oeil sur mon enfant. Seulement la situation était complexe dans la mesure où il a été difficile pour moi de séparer le pro et le perso. J’avais toujours l’oeil sur mon enfant, je m’en occupais souvent moi-même. J’ai finalement été soulagé quand il rentré à l’école. À l’arrivée de mon deuxième enfant, j’ai décidé de le mettre directement en crèche !« 

Contrairement au premier témoignage, cette MAM n’a fermée, cependant la cohabitation pro-perso n’a pas été facile pour Isabelle. Elle a eu du mal à garder une approche uniquement professionnelle ou maternelle.

Travail en MAM pour éviter l’aspect répétitif du métier d’assistante-maternelle

En début de carrière, les Assistantes Maternelles (AM) ont souvent du mal à choisir entre travailler seule ou dans une MAM.

Les AM qui choisissent de travailler en MAM peuvent ainsi bénéficier de la répartition des tâches et avoir plus de temps pour se former. Ça leur évite le travail répétitif voir monotone.

Cependant, il n’est pas toujours simple de se mettre au travail en communauté. Par exemple, lorsque les différents profils ne sont pas complémentaires ou lorsque des conflits surgissent au sein du groupe. C’est d’ailleurs de point noir pour de nombreuses AM.

Nadia est une AM qui travaille dans la même MAM depuis sa création temporise. Elle aime son travail, et avec le temps, elle a l’impression d’en avoir fait sa vocation :

« Il y a beaucoup de gens qui viennent d’un emploi précédent ou d’une MAM précédente où ils ont eu des problèmes parce qu’ils ne se parlent pas. Il y a parfois des tensions. J’ai remarqué que beaucoup de ceux qui viennent travailler ici, au bout de quelques mois, y voient leur vocation et ne veulent plus partir. Il est rare que quelqu’un parte à cause de problèmes ou d’incompatibilité avec les autres. »

Nadia

Voulez-vous travailler dans un environnement où vous avez le sentiment d’avoir de l’espace et du temps pour vous occuper des enfants ?

Si oui, alors travailler dans une MAM est peut-être fait pour vous. Les AM savent qu’elles peuvent travailler seules ou avec d’autres collègues pour modifier la structure de leur accueil des enfants. Travailler dans une MAM peut permettre de réduire le caractère répétitif du métier d’assistante maternelle tout en ayant des interactions de qualité avec les enfants.

En France, une association regroupant des MAM a créé le premier syndicat des MAM en France : « UFNAFAAM » (Union Fédérative Nationale des Associations de Familles d’Accueil et Assistants Maternels) regroupe actuellement plus de 100 structures.

Cette union représente désormais environ 130 000 enfants de moins de 6 ans : une augmentation de 15 % depuis 2014.

La CAF (Caisse des allocations familiales) observe également cette tendance :

« De plus en plus d’assistantes maternelles se regroupent en équipe. C’est un développement durable qui émerge des besoins des parents et des professionnels. »

CAF

En effet, de plus en plus de assistants maternels qui décident de devenir MAM ont déjà travaillé seuls avant de s’installer ensemble.

Alors qu’est-ce qui les motive à travailler en MAM ?

Selon une étude publiée en 2015 par l’association Devenir d’Enfance, qui représente environ 10% des assistantes maternelles en France, de nombreuses auxiliaires travaillent seules par nécessité.

En effet, il semble que les personnes travaillant seules soient principalement motivées par des questions économiques (pouvoir choisir ses horaires, être pouvoir travailler le week-end, pouvoir prendre des congés, etc.) Travailler seule, de manière indépendante donc, leur permet une certaine liberté qu’ils apprécient.

Cependant, la grande majorité des MAM (70%) ont eu un emploi salarié précédemment. Ce constat est intéressant car il montre que les femmes qui souhaitent devenir assistantes maternelles préfèrent s’associer à d’autres professionnels de la petite enfance plutôt que de travailler seules.

Leur motivation semble également être sociale : besoin de contact et de partage avec les autres (les assistantes maternelles peuvent se faire des amis tous les jours parmi les familles) et un environnement de travail plus structuré, tant au niveau des besoins des enfants que du développement professionnel.

Enfin, il convient de noter que de nombreux assistants maternels choisissent de travailler en équipe non seulement par plaisir.

S’installer en MAM : l’incertitude…

Nous sommes tous nés avec le besoin inhérent de confiance et de compréhension. Ceci est vrai pour les AM comme pour les pros des EAJE (les divers métier d’accueil de la petite enfance).

La MAM, qui se coexiste en dehors des projets d’établissement, des normes réglementaires ou des rapports statutaires, se distingue des EAJE car il n’y est pas lié. De ce fait, ces structures d’accueil disposent d’une autonomie accrue : elles sont libres d’organiser leurs relations mutuelles comme elles l’entendent, sans contrainte de sources de financement telles que les subventions publiques.

La nécessité d’une équipe solide n’a jamais été aussi évidente que lorsqu’il s’agit de monter le MAM. Les exigences imposées aux professionnels dans ce type d’environnement sont considérables et, sans une répartition adéquate des tâches et responsabilités, elles peuvent mener la MAM à l’échec.

Comme dans beaucoup de projets, plus il y a de personnes à s’associer, plus il a de chances d’échouer. L’une des raisons en est que lorsque trop de personnalités différentes sont impliqués dans un projet, il peut y avoir des désaccords et des incohérences entre les membres de l’équipe qui s’attaquent à différentes responsabilités.

En outre, avec tant de choses à suivre dans le cadre des besoins spécifiques d’une MAM, chaque AM peut avoir ses préférences et ses réticences, notamment du point de vue de l’organisation.

Plus vous avez de personnes sur un projet, plus il a de chances d’échouer

L’importance de l’inter-connaissance, d’une proximité entre elles pour travailler en MAM se reflète également dans la manière dont certains professionnels se sont déjà organisés et ont recruté de nouveaux collègues.

Dans leurs entretiens, ils utilisent soit le bouche à oreille, soit des réseaux qui ne sont pas expressément professionnels comme les groupes Facebook ou Le Bon Coin.

L’utilisation des groupes Facebook® a été mentionnée ci-dessus, mais d’autres sites ont également été mentionnés, notamment Airnounou.com – un site de mise en relation gratuite avec les assistantes maternelles, qui a eu du succès auprès de ce site qui semble le préférer parce qu’il y a moins de formalités que sur d’autres plateforme par exemple.

Les MAMs : trop de liberté ?

Lorsque l’on s’attarde sur les possibilités qu’offre ce type de garde, tant sur le plan individuel que collectif, il est facile de comprendre pourquoi les MAMs sont devenues si populaires auprès des parents d’aujourd’hui.

L’augmentation de la popularité et du nombre de MAMs n’est pas surprenante étant donné leur rôle fondamental dans la fourniture d’une garde d’enfants de qualité en mettant l’accent sur la sécurité tout en étant un moyen efficace pour les enfants qui travaillent à l’extérieur ou qui ont un handicap d’accéder à des services de garde près de chez eux sans avoir à quitter leur emploi.

En outre, parce que ces assistantes sont capables d’apporter leur soutien à des moments où les parents auraient autrement besoin de l’aide complète d’un autre adulte responsable, elles sont un maillon essentiel de la chaine.

Pour les assistantes maternelles, les MAM leur permettent de sortir de l’isolement et de se « professionnaliser » en exerçant leur activité pro en dehors de leur domicile. Cela crée également un lieu où les professionnels peuvent donner une vision différentes aux parents et à la société (ne serait-ce que pour qu’ils se rendent compte qu’il ne s’agit pas d’un hobby).

Le statut d’assistante maternelle a traditionnellement été source de confusion pour les femmes, car elles devaient concilier leur vie familiale et professionnelle. Mais cette confusion est de moins en moins fréquente chez les jeunes générations qui recherchent plus d’autonomie dans les deux aspects de la vie. Celles-ci assument ce rôle ne se laissent plus influencer par les jugements de la société.

Pour les professionnels de la garde d’enfant collective, les MAM leur permettent d’échapper à la pression managériale des EAJE.

D’une part, la hiérarchie qui compose les EAJE contribue à leur pérennité en tant qu’institution publique et renforce leur légitimité sociale, mais cette même structure est limitative et ne permet pas aux experts en puériculture de partager pleinement leur expérience auprès des enfants autant qu’ils le voudraient.

En outre, en raison de leur popularité auprès des parents à la recherche d’une éducation préscolaire de qualité à un prix abordable.


L’ouverture des MAMs peut être une aubaine pour les professionnels, mais elle crée aussi une grande incertitude. C’est pourquoi la mise en place de ces structures nécessite une telle confiance et une telle compréhension entre toutes les parties impliquées – car il y a de nombreux revers attendent les AM lorsque ces professionnels cherchent à s’adapter à leurs nouveaux rôles avec les autres membres de l’équipe sans aucune hiérarchie. L’importance du soutien mutuel dans cet environnement ne peut être sous-estimée.

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